L'hégémonie athénienne après 479.

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L'hégémonie athénienne après 479.

Message par Sid le Dim 9 Nov - 12:48

Quoi qu'en ai dit Msg. Eck, l'exposé vaut ce qu'il vaut en terme d'évènementiel, il n'apparait pas les détails concernant le cimeterre d'Athènes ou ce qu'était le Pirée au VIIe siècle mais le principal est là.



De quels évènements résulte l'hégémonie athénienne ?




I.Le renforcement des infrastructures athéniennes
1.le rôle de Thémistocle dans la fortification des murailles
2.l'essor de la flotte athénienne
II.Le déclin de Sparte
1.la perte de son influence militaire à travers le personnage de Pausanias
2.son repli sur le Péloponnèse
III.La « Ligue de Dèlos » (ou « confédération » attico-délienne)
1.le commandement hégémonique d'Athènes
2.le fonctionnement de la Ligue






Bibliographie :

Source

Thucydide, Guerre du Péloponnèse, I, 90-100.
Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, XI, 44 sqq.

Ouvrages généraux

Claude ORRIEUX, Histoire grecque, PUF, Paris, 2004 (première édition 1995).
Pierre LEVEQUE, L'aventure grecque, Armand Collin, Paris, 1964.
Claude MOSSE, Annie SCHNAPP-GOURBEILLON, Précis d'histoire grecque,Armand Colin, Paris, 2003 (première édition 1999).
Marie-Hélène DELAVAUD-ROUX et alii, Guerres et Sociétés. Mondes grecs Vème-IVème siècles, Atlante, 2000.
Edmond LEVY, Sparte : histoire politique et sociale jusqu'à la conquête romaine, Point histoire Seuil, Paris, 2003.
F Françoise RUZE, Sparte : géographie, mythes et histoire, Collin, Paris, 2007.




La Pentèkontaétie : période de 50 ans qui sépare la seconde guerre médique de la guerre du Péloponnèse. On s'intéresse au début de cette période à partir de 479.

Texte :
la Guerre du Péloponnèse de Thucydide retrace la mise en place de la Ligue de Dèlos ainsi que toute la Guerre du Péloponnèse jusque 411 où s'achève subitement son récit.
La source majeure du fait qu'il écrit en même temps qu'il vit les événements. l'histoire grecque depuis ses origines.

Thucydide (460-400) est un homme politique et historien athénien.
stratège en 424, doit porter secours à Euclès contre le Spartiate Brasidas qui tente de prendre Amphipolis.
Il arrive trop tard
accusé de trahison et exil pour 20 ans
assassiné vraisemblablement entre 400 et 395

Document :
Les chapitres 93-96 du livre I de la Guerre du Péloponnèse qui préparent à l'hégémonie athénienne par prise en main de la Ligue de Dèlos en 478.
hégémonie = commandement militaire et diplomatique concédé à une cité maitresse, l'hégèmôn.
Les alliances militaires : symmachie (Dèlos) défensive et offensive
épimachie (hellénique) défensive uniquement

deux personnages cités : Thémistocles et Pausanias
Thémistocle (528-462) : fils de Néoclès du génos en relation avec les Mystères d'Eleusis.
Citoyen athénien appartenant à la vieille aristocratie de la famille des Lycomides
archonte éponyme en 493
stratège en 490 et 480
grand vainqueur de Salamine (480) contre la flotte de Xerxès : 2nd prix d'aristeia (=excellence militaire)
il s'oppose à Miltiade et Cimon, ostracisé en 472
Pausanias (mort vers 465) : général et régent de Sparte durant la minorité de son cousin Pleistarchos, fils de Léonidas
famille des Agiades, c'est le vainqueur de la bataille de Platées (479) contre Mardonios, un général perse.

On peut penser qu'ils représentent respectivement l'essor d'Athènes et le déclin de Sparte dans la glorification de Thémistocle et le jugement de Pausanias.

La seconde guerre médique oppose les Grecs, peuple civilisé et libre, contre une armée d'esclaves menée par Xerxès, roi des perses. Ces deux guerres successives sont pour les grecs une image d'unité afin de défendre la valeur la plus importante à leurs yeux : la liberté. Athènes ressort prestigieuse de ces guerres par son fort engagement militaire, surtout à la bataille de Salamine (480) à l'inverse d'autres cités de la ligue Hellénique, et notamment Spartes qui en a l'hégémonie.
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Re: L'hégémonie athénienne après 479.

Message par Sid le Dim 9 Nov - 12:50

I.1- L1Au lendemain des victoires sur les Perses et sur le conseil de Thémistocle, les Athéniens contournent le refus de Sparte de voir leur cité relever son mur d'enceinte en vue d'une prochaine expédition Perse. En réalité c'est plus pour se protéger de Sparte dont Thémistocle se méfie. Selon les Spartiates, Athènes entourée de murailles serait un point d'appui pour les Perses s'ils reprenaient la ville mais les Lacédémoniens ressentent aussi cette volonté de construction comme la possibilité d'une domination sur eux.

L2, 6: La construction doit se faire vite avec la participation de toute la population. Thucydide nous dit que « tous ceux qui étaient en ville devait y travailler y compris femmes et enfants en n'épargnant aucune construction ni privée, ni publique qui put servir à leur travail et en sacrifiant tout » (Thc, I, 90, 3); il fallait donc compter sur une contribution de la population locale et notamment celle des citoyens en plus des esclaves et des prisonniers de guerre et d'une main d'oeuvre spécialisée. Thémistocle retient les ambassadeurs Spartiates à Spartes, pendant que la population s'acharne à achever la construction.

L3 à 6.Des matériaux de prix (colonnes, statues, stèles) provenant des monuments détruits par les Perses sont utilisés pour relevés les remparts de l'Acropole et le mur d'enceinte de la ville basse (6 km de pourtour). En effet, en 480 Xerxès qui poursuit sa marche à travers la Grèce prend et rase une Athènes désertée. Puis en 479, la cité est une nouvelle fois prise par les troupes d'élites de Xerxès restées en Thessalie sous les ordres de Mardonios.(général perse).

Thémistocle est le maitre d'œuvre de cette nouvelle politique de défense tournée vers la mer qui marque une révolution dans la pensée stratégique. Cette fortification s'accompagne également du réaménagement du Pirée et plus tard, en 453, de la construction des Longs-Murs reliant la ville au port.

2- L8 à 10. La construction du port du Pirée est décidée par Thémistocle en 493 lors de son archontat puis reprises en 478. La presqu'île comprend alors le grand port du Pirée à l'ouest et deux ports plus petits le Zea et le Munykhie désormais protégés par une ceinture de remparts.

L11-12 : La flotte Athénienne est née au début du Ve en deux temps, un premier achat en 491 à Corinthe de 20 navires pour faire face à « la guerre non déclarée » (akéryktos polémos) contre Egine. Par la suite, comme une nouvelle expédition de Xerxès s'annonce dès 483-81, la loi navale de Thémistocle en 483 amène les athéniens à renoncer au partage des bénéfices publics tirés de l'exploitation minière du Lorion pour entamer la construction en deux ans d'une flotte de guerre de 200 trières (ou cent) selon les principes de la trièrarchie.

Bataille du Cap Artémision en 480 menée par Thémistocle et le Spartiate Eurybiadès.
En septembre 480, bataille de Salamine. Après avoir pillé et incendier l'Acropole d'Athènes, les Perses sont attirés par une ruse de Thémistocle sur l'espace maritime de Salamine où ils subissent un désastre navale de la part des Athéniens et de leurs alliés. Bataille d'où Athènes tire un grand prestige.
Un prestige accentué par la bataille du Cap Mycale à l'hiver de la même année.

Du fait de son imposante flotte et du prestige qu'elle tire de la seconde guerre médique, elle est désormais considérée comme la plus grande puissance maritime de la Grèce.

L 13-14 Cette ouverture sur la voie maritime est nouvelle et marque la volonté d'Athènes d'étendre son influence par delà la mer et pour le contrôle de l'Egée qui s'exprime par :
refus de la guerre terrestre
et le retranchement derrière les murailles. En cas d'agression par la terre, l'asty protégé par les remparts et qui sera reliée au Port du Pirée par les Longs Murs doit permettre aux Athéniens de vivre uniquement de la mer sans compter sur les productions agricoles de l'Attique.

D'ailleurs le port se désigne par deux mots en grec : limèn et épinéion qui signifient respectivement « refuge » et « port de guerre ».

Ainsi le repli de Sparte sur le Péloponnèse, sa perte d'influence militaire et la nouvelle image prestigieuse d'Athènes de part sa victoire à Salamine et la construction de nouvelles infrastructures portent les cités alliés à se tourner du coté d'Athènes au détriment de la Ligue hellénique. Thémistocle apparaît alors par Thucydide comme le génie politique par excellence.

II. 1- L15 : Sparte avait l'hégémonie de la Ligue hellénique, alliance conclue durant le premier Congrès des Grecs à l'été 481 sur l'isthme de Corinthe, elle assure le commandement militaire du fait qu'elle détient la plus grande armée hoplitique : Léonidas aux Thermophyles, Eurybiadès à Salamine, Pausanias à Platée et Léotychidas à Mycale.
C'est une ligue qui s'élargit en 479 après l'adhésion des iles qui viennent d'être libérées des perses.
Ce pendant on note une perte d'influence militaire de Sparte dès la première guerre médique au profit d'Athènes durant les batailles de Marathon en 490 (les spartiates arrivent en retard à la bataille : les Karneia ou révolte des hilotes ? = isolement des troupes athéniennes et platées) ou encore Salamine en 480. En effet à Marathon les Spartiates refusent de venir en aide aux Athéniens pour cause de fête religieuse et la victoire que remporte Athènes est à la fois une exaltation des Maratonomaques et paraît d'autant plus importante qu'elle se remporte sans l'intervention de la plus grande armée hoplitique, celle de Sparte.

L20 Le comportement de Pausanias qui dirige les opération de la Ligue hellénique mécontente les alliés .En effet, en 478 Byzance est délivrée du joug des Perses par la flotte grecque alors sous son commandement.(L18)

L26-28 Les Grecs qui venaient à Lacédémone l'accusaient de ne commettre que des injustices et d'exercer sa charge de stratège à la manière d'un tyran. On lui reprochait particulièrement son médisme c'est à dire de collaborer avec les Perses. Surtout Chios, Samos et les Ioniens qui s'en plaignent à Athènes puis à Sparte même.

L 30 Les rois spartiates ont été fréquemment soumis à des procès, les premiers cas datent du début du Ve mais ne sont jamais suivis d'effets et restent de caractère exceptionnels. Bien vite ils deviennent relativement courant. Pausanias, lors de son premier procès, accusé de violences sur des particuliers il est acquitté de l'accusation de médisme (il détenait certainement une clientèle qui lui était encore fidèle).

L32-33 Il n'est donc plus envoyé à l'extérieur en tant que commandant de l'armée. Continuant ses manigances notamment à Byzance où il retourne à titre personnel afin d'y installer une tyrannie, (chassé par Cimon, il est rappelé à Sparte et arrêté par les éphores qui le juge cette fois pour médisme et menées révolutionnaire avec les hilotes. Il est alors emmuré dans le sanctuaire d'Athéna Chalkioikos d'où il n'est arraché que pour mourir.) Et c'est le début d'un repli sur elle même.

2- L 32-36 : Dorkis (dont on ne retrouve aucune trace dans les sources) est ainsi le dernier commandant envoyé à l'extérieur de Sparte, les alliés qui n'ont plus confiance dans le commandement Spartiate le renvoie rapidement. Sparte décide alors de ne plus envoyer d'hommes à l'extérieur.

L 36-38 Elle redoute
une corruption Perse
une possible aspiration à la tyrannie du fait de l'éloignement trop important du contrôle de Sparte comme c'est le cas pour Pausanias. Cela nuirait encore plus à l'image de Sparte vis-à-vis des autres cités, sa réputation étant déjà ternie par les actions de Pausanias et en parallèle de Léotychidas le second roi accusé de corruption durant une expédition en Théssalie en 476 ou 468/66.

Sparte se repli sur une politique prudente centrée d'avantage sur les affaires du Péloponnèse et le maintient de la ligue du Péloponnèse constituée depuis le VIIe siècle. Un repli encore accentué par :
son retrait de la guerre contre les Perses en limitant son hégémonie sur le Péloponnèse
la faiblesse numérique de son corps civique et la baisse croissante du nombre de citoyens (oliganhropie), par un principe d'exclusion plus dure et donc un corps d'armée réduit.
la surveillance des hilotes
difficultés économiques
Une situation de repli qui contraste avec l'activité d'Athènes et qui favorise l'essor de la puissance athénienne.
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Re: L'hégémonie athénienne après 479.

Message par Sid le Dim 9 Nov - 12:51

III.1- : L 21-22 La peur du retour proche de Xerxès incitent les cités de la Grèce à chercher un nouveau chef qu'il trouve en Athènes forte de sa nouvelle flotte et de son prestige acquis.

L 23, 34 En effet, les violences répétés de Pausanias aboutissent au refus des alliés de confier le commandement à Sparte et voit en Athènes un nouvel hégèmôn.

L 38-41, Sparte en bon terme avec Athènes laisse la nouvelle Ligue se former, d'autant plus qu'elle veut se retirer de la guerre contre les Perses à cause de ses problèmes internes et externes, contrairement à Athènes qui souhaite la poursuivre.

(L 42-43)En effet, la finalité de la symmachie est de se venger du Grand Roi en libérant les grecs du joug perse. Mais elle souhaite également renforcer son influence sur la mer Egée afin d'assurer les routes maritimes pour l'approvisionnement en céréales, bois et métaux, d'étendre ses relations et au final sa domination.

Athènes reçoit ainsi le commandement hégémonique de la nouvelle Ligue en 478 dont le nom officiel est « les Athéniens et leurs alliés » mais on l'appelle Ligue de Dèlos car son centre est le sanctuaire d'Apollon à Dèlos.

2- L40 Tous les indices montrent qu'Athènes a bien trouvé les alliés sur lesquels elle peut compter notamment les principales iles et cités côtières. Pas de précisions : détails dans le cours. Ne serait-ce que tous les membres sont liés par un serment.

L 46 : C'est effectivement, au sanctuaire d'Apollon que se réunit une fois par an le Conseil (synédrion) où chaque cité allié apporte sa part du tribut. Les alliés étaient théoriquement autonomes : ils conservent le gouvernement de leur cité et ils sont également isopséphoi, c'est à dire qu'ils disposent chacun d'un suffrage égal au conseil et donc d'une voix.
Cependant Athènes détient une certaine suprématie du fait de son grand prestige et de la puissance de sa flotte.

L 43-46 : Les héllénotames (=trésoriers des grecs) athéniens sont des magistrats institués en 477 au nombre de dix sont nommés pour un an. Ils perçoivent le tribut des villes confédérées et en règlent l'emploi. Le trésor commun de la Ligue de Dèlos se situe au sanctuaire d'Apollon.

(L41-42) Le montant du phoros fut fixé à l'origine par Aristide à 460 talents, 1 talent = 6 000 drachme à Athènes. Aristide décide également qui des alliés fourniraient des bateaux ou de l'argent.

Le montant du tribut dépend pour chaque cité allié de sa richesse et de sa fidélité envers Athènes.

Mais le nombre des alliés qui contribuent à la Ligue en navires diminue rapidement pour finir par se restreindre à Chios, Samos et Lesbos, les autres préférant payer en argent :
Par répulsion pour le service militaire contre un ennemi lointain
Pour éviter de quitter leur pays
La flotte fédérale est donc presque entièrement composée des navires athéniens.

Ccl : Durant toute la Pentécontaétie, on voit un durcissement de l'attitude d'Athènes sur les cités alliés avec une instrumentalisation de la Ligue de Dèlos afin d'assoir sa domination : assujettissement, adhésion forcée et répression envers les cités qui se révoltent.
En outre, le transfère du trésor de Dèlos à Athènes en 454 en conséquence de la défaite d'Égypte est une étape qui marque la main mise d'Athènes sur les finances collectives. C'est le début des dérives considérant ce trésor comme son bien. Le phoros désormais à Athènes permet de former une marine de métier développant encore sa puissance maritime. La symmachie évolue vers l'archè et quand des alliés voulurent quitter la Ligue, ils sont contraints par la force à y rester : Naxos (ca 470) Thasos (465), Milet (ca452-49).

La puissance et l'ambition d'Athènes finissent par inquiété Corynthe et Sparte, une fracture accentuée par le renvoie outrageant des hoplites athéniens venus avec Cimon au secours de Sparte au prise avec une révolte des hilotes en 462.

Thucydide, I, 21 : « Les hommes engagés dans la guerre jugent toujours la guerre qu'ils font la plus importante, et quand ils ont déposés les armes, leur admiration va davantage aux exploits d'autrefois ; Néanmoins, à envisager les faits, cette guerre apparaitra comme la plus grande de toutes. »
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Message par Ben le Dim 9 Nov - 13:51

Merci !!

Ben
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Re: L'hégémonie athénienne après 479.

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