La Fronde, une mazarinade.

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La Fronde, une mazarinade.

Message par Maxime le Sam 22 Déc - 2:24

Introduction

La Fronde : Une mazarinade.


Il s'agit ici d'un document burlesque, constitué de trois parties. Une partie iconographique sous forme de vignettes, un texte plus solennel, et une chanson ou un poème. Ce document est une mazarinade, c'est à dire généralement une affiche ou une brochure pamphlétaire relative à l'épopée du cardinal Mazarin durant la Fronde, même si il est vraisemblable que les contemporains du cardinal ne donnait pas le nom de mazarinade à ce genre de document. En effet le terme de mazarinade semble tiré d'un poème de 1651 attribué à Scarron, hors l'année la plus prolifique en documents de ce genre est 1649. Le nom de libelles ou de pièces curieuses semble plus approprié. La Fronde s'étend de 1648 à 1653 avec la signature de la paix à bordeaux et finalement le triomphal retour du cardinal Mazarin à paris le 3 février. Durant cette période se déroule une véritable guerre civile dans le royaume qui embrase l'ensemble des couches sociales et plus particulièrement noblesse, et bourgeoisie. Cette révolte est caractérisée par plusieurs mouvements successifs, ainsi on distingue la Fronde parlementaire, et la Fronde des princes ou Fronde Condéenne. (Le mot Fronde en lui-même fait référence à un jeu d’enfants de l’époque). Une telle situation s'est développée car elle se trouve à un moment critique de la survie du régime. A la mort du roi Louis XIII, en 1643 son successeur, son fils Louis XIV est à peine âgé de cinq ans. Le régime doit alors se préparer à affronter une longue régence, assurée par Anne d'Autriche la reine, qui délègue le gouvernement de la France à Mazarin. Ce dernier demande énormément d'efforts au pays, il poursuit une guerre longue sur plus de quatre fronts contre quasiment l'ensemble de l'Europe, qu’il finance avec l’accroissement très fort de la pression fiscale. Ce document nous relate donc certains événements particuliers de la Fronde, c'est à dire la fuite du cardinal Mazarin, et la libération du Prince de Condé, il s'adresse à l’ensemble de la population de l’élite au plus modeste. En effet malgré le parti pris évident à l'encontre du cardinal (toutes les mazarinades ne le font pas), il a pour vocation d'être compris par tous mais également de faciliter la communication de l'information grâce à sa forme poétique et illustrée. Cependant il serait bien difficile, d'identifier précisément la provenance de ce document. Durant la Fronde, des milliers de mazarinades (environ cinq mille entre mai 1648 et juillet 1653) furent imprimées et mises en circulation en particulier à Paris (neuf dixième de celles-ci) et Bordeaux ou encore Rouen ou Aix en Provence là où la Fronde fut la plus virulente. Des imprimeurs privés et souvent clandestins sont à l'origine de ces documents qui calomnient le cardinal et racontent les événements de cette période de façon plus ou moins délirante.
Il nous importe à présent de nous demander en quoi ce type de document reflète t-il la manipulation de la population et les objectifs des coordinateurs de la Fronde ?
I- La « tyrannie », l'usurpateur?
II- La Fronde
III- Le vacillement du régime

I- Le « tyran » l'usurpateur ?
1) La place de 1er ministre.

Recommandé au roi par Richelieu sur son lit de mort en 1642, ce dernier voit en Mazarin un successeur capable de poursuivre les actions qu'il a entreprises. En effet cet ambitieux notable italien s’est illustré par divers succès diplomatiques auprès du pape (comme le 26 octobre 1630 à Casals ou il empêche une bataille entre espagnols et français), il a progressivement gagné la confiance du cardinal 1er ministre grâce à son habileté (avec notamment la cession de Pignerol en faveur du royaume français). Il se met officiellement au service de la France et est naturalisé en 1639, puis sans jamais avoir été ordonné prêtre il est fait cardinal en 1641. En 1642 peu de temps avant la mort du roi le 5 décembre Mazarin devient premier ministre et même parrain du fils du monarque selon la volonté de Louis XIII qui l’attache à son fils par serment et fait jurer à la reine de ne jamais se séparer du cardinal. Lorsque commence la régence en accord avec la reine qui lui donne son assentiment, Mazarin concentre entre ses mains l’ensemble des prérogatives royales. C’est de cette conception de l’absolutisme dépendant d’un premier ministre que va venir la contestation. En France la soumission à la souveraineté royale se fait exclusivement au travers de la personne du roi, et seule cette dernière est reconnue par la coutume comme disposant de cette autorité. Dans le premier texte on peut lire par exemple «établie par des lois saintes et inviolables ». Cela exprime bien la réticence en particulier des nobles qui tentent de profiter de l’ouverture laissée par la longue passation de pouvoir qui se profile pour empiéter le plus possible sur la souveraineté du pouvoir qui semble affaibli. Déjà auparavant la place de Richelieu avait été remise en cause et ici celle de Mazarin l’est encore plus d’autant qu’il ne gouverne pas de concert avec le roi mais avec la régente Anne d’Autriche. En effet le cardinal tire toute son autorité et sa légitimité de la seule confiance que la reine lui accorde, il n’est pas épaulé par une famille puissante c’est un roturier, et cet handicape est accrut par le fait qu’il soit étranger. Ses opposants ne le reconnaîtront jamais comme français. On ne constate par exemple dans le texte qu’on ne fait qu’une seule fois référence au rôle de ministre sous ce terme « infâme ministère » sinon on utilise toujours l’expression « tyran » ou encore plus insultant comme « perfide inhumain ».Mais Mazarin malgré cela a de grandes ambitions pour son pays d’adoption que ce soit militairement ou culturellement il veut offrir au royaume une place hégémonique stable en Europe. Cet objectif passe par la victoire de la France qui soutient les princes allemands contre les Habsbourg depuis 1635. C’est en parti pour cela que lorsque les parlements tentent de mettre un terme à la guerre très chère, Mazarin préfère dans tous les cas privilégier la dépense plutôt que de laisser l’autorité royale s’effriter autant sur le plan intérieur qu’extérieur.

2) La « tyrannie ».
Dans le document le terme tyrannie est employé a plusieurs reprises. Cela montre bien le problème de légitimité auquel se heurte le cardinal ainsi que l’extrême impopularité des mesures qu’il poursuit. Notamment l’accroissement exponentiel de la pression fiscale qui n’épargne aucune couche de la société dans le but de financer la guerre et l’armée qui compte à l’époque environ cent milles hommes. Par exemple le 15 janvier 1648 il organise un lit de justice où il fait enregistrer par la force sept nouveaux édits fiscaux au parlement. On peut lire dans le texte « ruiné paris et nos provinces ». La bourgeoisie se sent accablée par cette pression fiscale, et la levée exceptionnelle d’impôts opposables aux nobles leur fait ressentir une terrible injustice car ils voient là une négation de leurs privilèges. En effet Mazarin estimant que depuis toutes ces années les taillables ont plus que payer leur part à la participation de la guerre il doit reporter l’effort sur d’autres contribuables ou du moins changer la sélection de ceux-ci. A cela s’ajoute une volonté de livrer au roi un royaume dans lequel l’absolutisme du pouvoir sera renforcé, Mazarin ne laisse aux assemblées (on entend par assemblée les collèges de magistrats) aucune marge de manœuvre. Les membres de l’assemblée de paris tentent a plusieurs reprises de s’opposer en coupant les crédits de l’armée. Cela passe tout d’abord par une guerre de textes officiels entre le parlement et le pouvoir au début de l’année 1648 entre février et avril. Le gouvernement fait enregistré des édits fiscaux dont les effets sont aussitôt annulés par le parlement.
On fait généralement commencer la fronde avec cet événement, en juin 1648, en effet suite a l’accablement fiscal les quatre cours souveraines de paris poussent au maximum la provocation et se réunissent en un semblant d’assemblée constituante (la chambre de saint Louis) et rédigent un arrêt célèbre, il s’agit de « l’arrêt d’union contre le ministère » le 13 mai qui interdit la levée de nouveaux impôts sans concertation et soumet a certaines conditions l’emprisonnement arbitraire par lettre de cachet. Malgré l’interdiction de la tenue de cette réunion, elle a tout de même lieu. Et la reine sur le conseil de Mazarin consent à laisser les choses en l’état comptant sur les succès extérieurs de la France pour réaffirmer son autorité. Mais on peut considérer que même si il est vrai que la fiscalité est un déclencheur de la Fronde, il n’en reste pas moins un prétexte ou un voile derrière lequel se cache les véritables raisons des révoltes c'est-à-dire le refus du duo Mazarin/Anne d’Autriche et un rejet au travers du cardinal de l’absolutisme en France. Si le parlement est le gardien des lois fondamentales du royaume il ne se prive pas de les violer pour réclamer la division de l’autorité royale qu’incarnent la reine et Mazarin. Autorité qu’ils exercent au nom du jeune roi. On peut lire dans ces contestations une volonté des princes du royaume de s’émanciper le plus possible de l’autorité du roi et pour la bourgeoisie de conquérir un rôle politique plus important.

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Re: La Fronde, une mazarinade.

Message par Maxime le Sam 22 Déc - 2:30

II- La Fronde.
1) Les différentes révoltes.

C’est donc suite à l’arrêt du 13 mai et après quelques mois de tentatives de médiation que le 26 août 1648 la reine fait arrêter trois parlementaires dont le populaire Broussel, un vieux magistrat conseiller au parlement de paris (soixante treize ans, grand orateur qui a su par démagogie enflammé les parlementaires). La réaction est virulente. Paris se couvre de barricades. La reine est obligée de céder, elle libère Broussel et fuit Paris avec le roi et la cour pour Saint Germain le 13 septembre. Ce premier épisode correspond à ce que l’on appelle la vieille Fronde ou la Fronde parlementaire. Cette année là, la publication de libelles à l’intérieur de paris aux mains des Frondeurs connaît une ampleur extraordinaire. Elle prend fin grâce au Prince de Condé. (Appartient à une famille qui est une branche collatérale de la maison de Bourbon, un des successeur potentiels au trône après Louis XIV il est duc d’Enghien jusqu’en 1646 et commande pour l’armée française il s’illustre par plusieurs victoire notamment contre les espagnols à Rocroi en 1643 et contre le saint empire à Lens en 1648 il jouit d’un immense prestige et d’une grande popularité). Ce dernier fait le siège de Paris entre 12 au 28 février 1649. La situation se débloque et les parlementaires reviennent à contre cœur sur leurs prétentions. Paradoxalement après cet apaisement relatif, c’est du prince de condé lui-même, celui qui la première fois a sauvé la situation, que va venir la prochaine vague de contestation. En effet ce dernier alors très populaire et salué en héros ne se contente plus du second plan politique qu’il occupe. Il dispose de l’appuie de la quasi totalité de la noblesse française et tous ou presque sont hostiles à Mazarin. Le prince de condé exige donc de la reine des contreparties pour avoir récupéré paris. Comme par exemple un rôle gouvernemental, il veut être consulté lors des prises importantes de décisions notamment sur les nominations. En réalité c’est la place de Mazarin et sa position de forte influence auprès du jeune roi qu’il vise. Le cardinal tente de semer le trouble dans les rangs des princes rebelles et fait son maximum pour les monter les uns contre les autres. Il ne se résigne encore pas à faire preuve d’une répression plus forte. Puis finalement le danger pour le pouvoir étant croissant Mazarin se résout et fait arrêter trois princes dont Condé le 19 janvier 1650, ils sont enfermés à Vincennes puis transférés au Havre. En faisant cela Mazarin espère calmer la situation et pourtant c’est le début de la Fronde Condéenne, la guerre civile est amplifiée. Les embrasements gagnent la Normandie, la Bourgogne, mais surtout ce sont Paris et la Guyenne où les violences sont les plus fortes. A cela s’ajoute un phénomène, c’est l’Union des Frondes. Dans le texte on peut lire « craignant les princes de France et messieurs du parlement ». En effet les parlementaires qui avaient cédés l’année précédente profitent de la Fronde condéenne pour s’agiter de nouveau. Ils conjuguent même leurs actions avec celles des princes. C’est alors une succession de révoltes, de batailles et d’attentats qui s’empare du royaume.
L’opinion est retournée contre le cardinal par des propos démagogiques tenus dans les libelles comme par exemple dans la troisième partie « les Princes travaillent journellement pour le rabais des tailles ». La stigmatisation se fait autour de l’italien riche et voleur voir pilleur des ressources du royaume.

2) La réaction de Mazarin.
Le cardinal poursuit ses tentatives de déstabilisation en essayant de diviser les frondeurs, il joue de manipulations et de mensonges. Il négocie tout et se montre assez habile. Pour faciliter ce procédé Mazarin et la famille royale font donc le tour des provinces pour essayer de calmer par la présence de la famille royale les différentes révoltes, cela fonctionne plus ou moins bien selon les régions, la Bourgogne est par exemple rallier relativement facilement paradoxalement au fait qu’elle constitue un des bastions de la famille de Condé, mais c’est en revanche un échec a Rouen où le voyage aller retour compris dura trois semaines. Mazarin recule devant la fureur de la ville attisée par la duchesse de Longueville soutien inconditionnel du Prince de Condé. Malgré des échecs ponctuels comme celui-ci le cardinal joue donc sur la sensibilité provoquée par la présence du jeune roi et passe outre les contestations et continu de prélever les impôts partout où il passe. Nous pouvons illustrer ceci en citant une phrase attribuée à Mazarin durant cette épopée, « qu’ils grondent pourvu qu’ils paient ». En tout la cour ne passe que quatre mois sur douze à paris à cette époque. Durant cette année 1650, en plus des révoltes à proprement parlé, à Paris et en Province, se déroulent de véritables batailles en France entre les frondeurs et ceux qu’on a alors appelé les loyalistes ou les royaux qui soutiennent Mazarin, la reine et le roi. On peut citer la bataille entre Turenne (frondeur) et de Du Plessis-Praslin (loyaliste) à Rethel. (Victoire loyaliste).Quant aux imprimeurs de libelles, peu ont été arrétés mais ceux la furent punis de manière exemplaire. On peut citer l’exemple de l’affaire Claude Morlot. Un modeste imprimeur qui sortit de sa presse un poème (certainement commandé par le baron Blot un proche de Monsieur) faisant des insinuations très explicites sur la nature de la relation entretenue entre le cardinal et la reine. L’imprimeur fut arrêté et condamné à être étranglé et pendu. Cependant dans cet épisode là lorsque les soldats et son bourreau l’accompagnèrent à l’hôtel de ville pour qu’il subisse sa peine la foule s’en prend au convoi et libère Morlot qui parvient à s’enfuir et à disparaître. Cela illustre bien à quel point l’opinion est favorable aux frondeurs et comment Mazarin est profondément discrédité par les publications de ces libelles. C’est pour cela que durant la Fronde les partisans de Mazarin essayent de jouer sur le même terrain et des brochures favorables au cardinal paraissent. Cependant il faut relativiser leur impact du fait de leur nombre et de leur faible relais au sein de l’opinion. Cette bataille la est perdue par le camp des loyalistes.

III- Le vacillement du régime.
1) La « soumission » de Mazarin.

Dans le document l’accent est particulièrement mis sur ce qui est considéré par une victoire pour les frondeurs, il s’agit de la soumission, de la résignation du cardinal face a la révolte conjuguée des parlementaires et des princes et plus spécifiquement de la famille de Condé. Même si il est admit par les historiens que la personnalité du cardinal et son goût pour la mise en scène et la manipulation lui ont permis de courber l’échine facilement et ainsi de satisfaire ses ennemis et faire croire à sa résignation pour apaiser les tensions. Cette idée est clairement exprimée dans la première vignette avec plusieurs personnages symboliques : on y voit tout d’abord un frondeur représenté par un noble devant lequel le cardinal s’incline. A coté de celui-ci on distingue une représentation de la justice avec le bandeau sur les yeux l’épée et la balance symbolisant la fronde parlementaire. Enfin le pouvoir royal lui-même qui a retrouvé sa place avec une représentation d’un roi habillé de sa cape, portant sa couronne et son sceptre et assis sur son trône. Cette illustration rappelle le concept que l’autorité ne peut être exercée que par le roi lui-même. Cette campagne de propagande est orchestrée par les princes du royaume qui tentent au maximum de discréditer le cardinal aux yeux de l’opinion. Pour cela le document relate par exemple l’épisode de la libération des Princes où le cardinal se rend lui-même au Havre pour les libérer. En effet on démontre clairement que Mazarin est contraint par le mécontentement général et l’union des frondes de céder et de rendre la liberté à Condé après presque un an d’incarcération. Sur l’image on le voit courbé calotte à la main devant Condé libre. Suite à cela le parlement de paris proclame le renvoie du cardinal le 30 janvier puis son bannissement le 9 février. Cependant celui-ci a préférer s’exiler de lui-même trois jours avant pour apaiser les tensions. Le document nous précise bien que c’est en pleine nuit que le cardinal s’enfuit pour la première fois le 6 février 1651. On raconte même qu’il était déguisé. Cet épisode est illustré par la seconde vignette. Profitant du chaos le clergé et la noblesse réclament la tenue d’états généraux le 10 février. La nuit précédente une foule de frondeurs s’étant rassemblée devant le palais royal. Pour mettre un terme à l’agitation, Mazarin prépare alors la majorité du roi qui seule pense t-il pourra mettre un terme à la guerre civile. Il s’occupe de cela durant son exil auquel il ne met pas un terme conscient que sa présence attise les haines et les révoltes. Il craint même à juste titre pour sa vie « un arrêt de mort pour l’éminence » faisant référence à celui ordonné par les magistrats parisiens. Désormais il gouverne a distance. Hors du pays comme cela est décrit dans le document « il s’en va en Suède ou en Savoie pour son lieu de retraite ». De l’étranger il communique avec la reine et tout deux organisent cette majorité. Mazarin même si il n’est plus en France continue de gérer lui-même la situation.

2) La fuite devant la crainte du châtiment.
La notion religieuse est importante dans la compréhension du document. En effet il est nécessaire de rappeler que la monarchie en France est fondée religieusement, il s’agit d’une monarchie de droits divins le roi est le protecteur de l’Eglise en France. Cela explique qu’il soit souvent fait allusion à un châtiment pour quiconque usurpe la place du roi. Des expressions comme « cette divinité lui prépare une vengeance digne de ses crimes » ou encore « que Dieu maintienne la couronne » résument bien cette idée. Cette notion de châtiment renvoie donc clairement à la justice de Dieu et accable Mazarin en plus de la trahison faite au royaume d’une trahison faite au catholicisme. A cela s’ajoute une notion de vengeance humaine, Mazarin fuit le pays dans la crainte d’être tué après avoir libéré Condé. En effet les princes veulent se débarrasser de cet oppresseur qui ne cesse de gagner du temps par ses manipulations en attendant la majorité du roi qui sera effective le 7 septembre 1651. Dans le texte on distingue plusieurs expressions comme « le prince de condé le veut mettre dans la bierre ». Mais l’image la plus évocatrice du sort qui lui est réservé est certainement la quatrième vignette de la première partie du document. On y distingue un fantôme et on peut lire « et l’ombre du maréchal d’ancre qui lui fait plus peur qu’un sergent ». Ici il est fait référence à Concini. Il s’agit d’un notable italien qui avait les faveurs de la reine au début du XVIIème siècle et qui avait lui aussi fait arrêter un prince de Condé et par ce geste était entré en conflit avec les princes du royaume lors de la régence précédente. De plus on lui reprochait d’être trop proche du pouvoir et de ne pas respecter le roi Louis XIII dans sa jeunesse. Ce dernier le fait alors assassiné par Vitry le capitaine de la garde royale le 24 avril 1617, après quoi il est déterré par la foule parisienne et son cadavre est mutilé et traîné dans la ville. Suite à cela le jeune roi de l’époque se serait exprimé de la manière suivante : « à cette heure je suis roi ». Cet épisode qui semble très similaire avec la situation de Mazarin aux yeux de l’opinion et sans doute aux yeux du cardinal également ce qui explique pourquoi ce dernier décide de fuir un temps le royaume afin d’apaiser les tensions et d’épargner sa propre vie.

Conclusion :
Pour finir on peut dire que l’épisode de la Fronde en France correspond a une contestation violente du pouvoir que Mazarin essaie de perpétuer mais paradoxalement à cela le rejet se concentre uniquement sur la personne du cardinal et dés lors que le roi prend ses fonctions elle est apaisée. En effet après la majorité du roi et l’apaisement progressif des tensions, lorsque ce dernier rappelle Mazarin a Paris en 1653 Mazarin est acclamé par la foule. On conteste la monarchie mais pas le roi, à qui on confère la légitimité de mener a bien la politique du royaume. Une certaine « ironie » de l’histoire nous force à constater que dés 1661, le règne solitaire du roi en apparence tant souhaité par les frondeurs, se révélera beaucoup plus dur et brutal, beaucoup plus répressif dans la manière de faire asseoir son autorité que celui du cardinal. Au final même si il semble incontestable que Louis XIV a pu considérer Mazarin comme un modèle voir un mentor il ne se sera inspiré que de ses idées et visions du pays car sur la forme la finesse et la subtilité du cardinal sont oubliées.

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Re: La Fronde, une mazarinade.

Message par Maxime le Sam 22 Déc - 2:32

tout le monde aura compri =) je me suis planté il est tard je suis fatigué... c'est bien entendu de moderne qu'il s'agit. Je fais bosser un peu notre admin

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Re: La Fronde, une mazarinade.

Message par Sid le Mer 27 Fév - 11:43

Et bien apparemment il bosse pas beaucoup... hein Yoann !
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Re: La Fronde, une mazarinade.

Message par Yoann [gp5] le Mer 27 Fév - 22:17

Mais si il bosse mais pas que là lol! Pis apparement il bosse pas assez vu qu'il a pas son partiel...God Damn it!!!

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