Profession de foi du parti agraire de Beaune

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Profession de foi du parti agraire de Beaune

Message par bernie le Mer 9 Jan - 23:12

Dès 1931, comme le reste du Monde, la France est touchée par la sévère crise économique, résultat du krach boursier de 1929. L'envergure de cette crise, nuit considérablement au gouvernement, laissant place ainsi à de nombreuses revendications. Les élections législatives prévues en 1936, prennent alors un caractère décisif.
La profession de foi du parti agraire, destiné à l'électorat français met en évidence une partie des contestations populaires. Ce parti, largement inspiré du mouvement d'Henri Dorgères, est fondé dans les années 1930, à l'initiative de "Fleurant Agricola" (Gabriel Fleurant). Comme l'ensemble du mouvement agraire qui se développe à cette époque, le PAPF, dont les idées sont conservatrices, s'oppose au régime;à la fois en se présentant au élections mais aussi en organisant des manifestations d'une certaine violence.
Aussi pouvons-nous nous demander en quoi le mouvement agraire qui se développe au cours des années 1930, incarne une forme d'antiparlementarisme.
Pour ce faire, nous étudierons dans un premier temps comment se caractérise un secteur primaire en crise, puis après souligner les particularités qui font du PAPF un mouvement contestataire, nous aborderons ses revendications.







1. Le secteur primaire en crise

1.1 Le blé et le vin

La crise économique qui apparait en France au début de l'année 1931 n'épargne en aucun cas l'agriculture.
L'extrait de la profession de foi s'attarde sur, ce que la France a appelé les "deux denrées électorales", qui sont le blé et le vin. Tout d'abord, notons que depuis 1930, le prix du quintal de blé ne cesse de décroître. En effet, en 1930, les agriculteurs se voient acheter leur blé à 147 F le quintal, pour qu'en 1935, le marché n'en propose plus que 70 F. La viticulture, est elle aussi victime de la crise. Depuis la fin du XXème siècle, les viticulteurs sont en difficultés: dans les années 1860, un puceron d'Amérique, le phylloxéra, s'implante sur les pieds de vigne françaises, rédisant à néant de nombreux vignobles. Aussi, en Bourgogne, la superficie des parcelles ne cesse de diminuer (l28-29). De ce fait, de nombreux pieds ont été implantés en Algérie; et seuls les plus exploitants, du Midi notamment, ont pu financer la greffe de cépage pour mettre fin à cette crise.

1.2 Des agriculteurs en difficulté financière

Face à la baisse des cours, les agriculteurs voient leur pouvoir d'achat diminuer. En effet, le faible prix du blé, d'une part, contraint les agriculteurs à s'endetter auprès des grossistes d'engrais et de semences. Puis, les récoltes de 1932 et 1933, sont qi conséquentes, que les paysans sont dans l'obligation de vendre leur blé, quelqu'en soit son cours; en raison de l'absence de lieux de stockage et de la nécessité d'avoir un revenu. En réponse à ce phénomène, Daladier fixe, en 1933, le cours du blé à 115 F le quintal, espérant ainsi réguler le marché et satisfaire les exploitants. Mais cela s'avère un échec. de fait, Flandin, qui lui succède, rétablit immédiatement la liberté des prix en 1934. Pour autant, la situation ne s'améliore pas. En matière de viticulture, l'année 1933, est elle exceptionnelle de part sa récolte abondante. Aussi l'Etat instaure en octobre 1935 le "statut du vin", privilégiant les vins d'AOC au détriment des vins "industriels"; mais cette politique est contestée par le PAPF qui remet en cause la légitimité des AOC (l31-33). En effet, alors que les AOC ont pour objectif de favoriser les vins de qualité sur le marché, les régions aux "vins industriels" ne cessent d'augmenter leur nombre d'appellation. Aussi, les petites exploitations connaissent-elles de grosses difficultés financières.

1.3 Des campagnes abandonnées

Parallèlement à cette crise, les campagnes, selon Poileau, se vident pue à peu "au profit des villes et des centres industriels". Alors que la grande guerre à fait perdre à ses campagnes de nombreux paysans, les années 1930 connaissent un exode rural, relatif cependant. En effet, la terre z toujours besoin de main d'œuvre, notamment en France, pays rural. D'autre part, la conjecture économique ne permet pas une modernisation efficace, excepté les grosses exploitation, peu nombreuses à cette période. Puis la crise économique fait tant de ravages en France que certains citadins s'installent dans les campagnes, dans l'espoir d'améliorer leur accès aux biens primaires. Propos à nuancer, puisqu'en 1936, les campagnes françaises recensent encore 48% de la population. En outre, la mise en évidence d'un tel phénomène par l'homme politique pourrait s'adresser à l'école républicaine, accusée, par les paysans les moins instruits, de promouvoir davantage les valeurs citadines au détriment des valeurs rurales.




2. La contestation du régime

2.1 des parlementaires corrompus

Tout d'abord, Poileau fait référence aux divers parlementaires corromps (l3 à l5) et tout particulièrement à l'affaire Stavisky. Le 29 septembre 1933, la France découvre que le banquier Alexandre Stavisky s'est enrichi "sur le dos" du Crdit municipal de bayonne avec la complicité de ses maires. Il parvient à émettre des bons de caisse pour une valeur de 235 millions de francs alors que ceux ceux-ci n'étaient couverts qu'à hauteur de 20 millions de francs. Le Canard enchaîné, écrira d'ailleurs: "Stavisky s'est suicidé d'une balle tirée à trois mètres. Voilà ce que c'est que d'avoir le bras long". Par ailleurs, l'enquête rend compte du fait, qu Stavisky, poursuivi à plusieurs reprises par la justice, a réussi à passer en ses mailles grâce à des parlementaires corrompus et au Procureur de Paris, beau-frère du président du Conseil: Camille Chautemps

2.2 une haine de la gauche

A plusieurs reprises fgurent dans le texte des critiques adressées aux communistes (l5, 16-17). Si le parti agraire se définit "comme l'adversaire résolu du collectivisme", c'est parce que les paysans, pou la plupart, sont conservateurs. En effet, ils défendent le droit à la propriété privée, les exploitations agricoles françaises étant généralement des entreprises familiales. D'autre part, aux lignes 16 et 17, Poileau fait référence à l'emprunt russe. Depuis, la fin du XIXème siècle, et ce, jusqu'en 1917, la France prête des sommes d'argent considérables à la Russie. Grâce au sloggan, "Prêter à la Russie, c'est prêter à la France", une quantité colossale de francs a permis à la Russie de construire le transsibérien ainsi que des industries et des mines. Mais Staline, arrié au pouvoir, l'URSS annule cet emprunt; aussi de nombreux ménagent français se voient perdre leur fortune entière ou bien le peu d'économies qui leur restait.

2.3 des gouvernements trop souvent renversés

de la ligne 18 à la ligne 21, le PAPF dénonce la volatilité des gouvernements; ceci s'explique du fait que de janvier 1932 à janvier 1936, treize gouvernements se sont succédé. Dès lors, un autre reproche est adressé, celui de l'imprévoyance. La rapidité à laquelle les gouvernements se suivent, ne permet pas de mettre en place des mesures efficaces quant à l'agriculture. Par exemple, en 1933, alors que Daladier fixe le cours du blé à 115F le quintal, le 28 décembre 1934, Flandin revient à la liberté des prix. Cette discontinuité dans la politique agricole révolte les paysans. Pour autant bien que chaque gouvernement ait une durée de vie limitée, tous, prennent en compte la question paysanne, ayant conscience que la France a besoin de ses agriculteurs. Mais la manière est telle, que les paysans ne leur en sont pas reconnaissants.



3. Les revendications du parti

3.1 des paysans unis sans couleur politique apparente

Dès la première ligne du texte, le PAPF, se revendique comme un un parit pour lequel il n'existe pas pas de couleur définie, parmi toutes celles de l'échiquier politique. En effet, Dorgères a dit: " le blé, le vin, le lait, le bétail, la charrue, n'ont pas d'opinion politique; il n'y a pas une façon radicale, socialiste, cléricale ou monarchiste de travailler la terre". Pour autant, les idées promues par le mouvement paysans sont très conservatrices. Puis, d'autre part, le PAP réclame une union de tous les paysans pour défendre leur droit. Or le parti, le parti permet cette fédération qui n'est pas évidente lorsque notre travail ne nous permet pas de rencontrer d'autres individus.

3.2 une meilleure représentation

Pour le PAPF, et l'ensemble du mouvement agraire, les autorités ne sont pas au diapason du langage et des intérêts des couches inférieures de la paysannerie qu'elles sont censées gouverner. Comme Dorgères, l' a toujors soutenu, "la classe paysanne est absente du champ de vision des fonctionnaires de l'époque". Par ailleurs, les quelques parlementaires représentant du monde agricole, sont tous notables. Le cas du cultivateur Jacob, élu député du Morbihan, qui siège en costume breton, demeure exceptionnel. Puis la revendications quant à la représentation est aussi interne au monde agricole, dans la mesure où les les paysans français réclament que le notables soient démis de leur fonction de représentation au profit de véritables paysans.


3.3 la présence d'un Etat fort

Parce que la République n'est pas en mesure de répondre aux attentes des paysans, le mouvement agraire est à la recherche d'un Etat fort qui prendrait appui sur le slogan "famille, patrie, nation", prônant ainsi un retour aux valeurs traditionnelles. Puis le PAP, réclame un Etat corporatiste, mettant ainsi davantage en valeur les revendications des différents métiers.





Pour conclure (enfin!!!!), l'agriculture est d'autant plus marque par la crise, qu'il s'agit d'un secteur économique fondamental en France.En effet, la chute considérable des prix et l'endettement à réduit le pouvoir d'achat des paysans. Puis un véritable sentiment d'abandon des campagnes prend forme. Aussi, un antiparlementarisme prononcé nait, précurseur d'une fort contestation du régime. Le PAPF reproche alors au gouvernement, à la fois d'entretenir des fonctionnaires corrompus et d'être trop instable. Une intervention efficace contre la crise n'est alors pas possible. Pour autant, le mouvement agrarien, propose certaines alternatives, nécessitant une fédération significative parmi les agriculteurs et une meilleure représentation.
Bien que le mouvement agraire français des années 1930 soit une forme d'antiparlementarisme, il ne concurrence pas les antiparlementarismes fascistes italiens et allemands; mais il n'est pas à négliger.
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